Historique 1952

3 juillet 1952 : Mulhouse – Lausanne
Walter Diggelmann, vainqueur au sprint

Parcours : Mulhouse – Sochaux – Morteau – Pontarlier – Vallorbe – col du Mollendruz – Cossonay – Lausanne (Stade de la Pontaise) 238km

Classement : 1. Walter Diggelmann (S) 7h23’16’’. 2. Jacques Marinelli (Fr) m.t. 3. Jan Nolten (PB) m.t.

Le 3 juillet 1952, pour la troisième fois en cinq éditions, le Tour de France fait étape à Lausanne. Malheureusement sans Ferdi Kubler ni Hugo Koblet, vainqueurs des deux précédents Tours en 1950 et 1951, mais absents en 1952. Cette fois, l’étape lausannoise est dans la première partie du Tour, avant l’entrée dans les Alpes. Rien n’est donc joué entre les favoris. D’ailleurs, entre Mulhouse et Lausanne, ceux-ci ne s’intéressent pas à la victoire d’étape, ce qui permet à une échappée de sept coureurs de prendre le large.

Parmi ces sept coureurs figure Walter Diggelmann. A 37 ans, le Zurichois s’était mis en tête de remporter une étape et il avait particulièrement coché celle de Lausanne. Dans la montée en direction de Pontarlier, il est parvenu à sa glisser dans la bonne échappée. Après le passage du col du Mollendruz, ils se retrouvent huit en tête et c’est groupés qu’ils arrivent sur la piste cendrée du stade de la Pontaise. Là, Diggelmann fait valoir ses excellentes qualités de pistard pour prendre la tête avant le dernier virage et être idéalement placé dans la dernière ligne droite. Il ne laisse aucune chance à ses adversaires. Présent dans la bonne échappée, l’Italien Andrea Carrea s’empare du maillot jaune, honneur auquel il ne s’attendait pas du tout. Il avait déjà rejoint son hôtel lorsqu’il a appris la nouvelle. Il a fallu aller le rechercher pour le faire monter sur le podium.

C’était une époque où le Tour de France entraînait dans son sillage de grandes vedettes. Ce soir-là, c’était fête en ville de Lausanne. Tino Rossi chantait à la Riponne tandis que Charles Trenet était, lui, sur la place Pépinet.

Le lendemain, le Tour de France a fait son entrée dans les Alpes avec l’étape reliant Lausanne à l’Alpe d’Huez. C’était la première fois que le Tour abordait ces 21 lacets devenus mythiques. Ce jour-là, Fausto Coppi a lâché tous ses adversaires dans la montée sur l’Alpe. Il s’est emparé du maillot jaune et ne l’a plus lâché jusqu’à Paris.

Bernard Morel