Historique 1949

21 juillet 1949 : Saint-Vincent d’Aoste – Lausanne
L’inutile exploit de Gottfried Weilenmann

Parcours : Saint-Vincent d’Aoste – col du Grand Saint-Bernard – Martigny – Aigle – col des Mosses – Bulle – Châtel-St-Denis – Chexbres – Grandvaux – Savigny – Le Mont – Lausanne (Parc des sports de la Pontaise) 265km

Classement : 1. Vincenzo Rossello (It) 9h05’26’’. 2. Bruno Pasquini (It) m.t. 3. Gottfried Weilenmann (S) à 5‘37’’.

Ce jeudi 21 juillet, il ne reste que quatre étapes avant l’arrivée à Paris lorsque le peloton du Tour de France s’élance de Saint-Vincent d’Aoste pour rejoindre Lausanne, via le col du Grand Saint-Benard et le col des Mosses. Deux jours auparavant, dans l’ascension du Petit Saint-Bernard entre la France et l’Italie, Fausto Coppi et Gino Bartali se sont détachés, puis dans la descente sur Aoste, Coppi a lâché son grand rival italien pour s’imposer en solitaire à Aoste et s’emparer du maillot jaune.

On aurait pu imaginer que le parcours entre la vallée d’Aoste et Lausanne donne lieu à une nouvelle bagarre entre les deux meilleurs, mais il n’en a rien été et ce sont leur gregari qui en ont profité. Vincenzo Rossello et Bruno Pasquini ont pu faire leur course et ils ont terminé ensemble à Lausanne, précédant Gottfried Weilenmann de 5’37’’. En vérité, c’est le Suisse qui a été le vrai héros de la journée. Car au début de l’étape, en bon équipier, il est resté aux côtés de son leader, Ferdi Kubler, très vite distancé parce que malade dans le Grand Saint-Bernard. Kubler, qui gagnera le Tour l’année suivante, doit poser pied à terre et abandonner.

Au sommet du col, Weilenmann accuse 25 minutes de retard sur les hommes de tête. Il se lance alors dans une descente folle et à Martigny, son débours n’est plus que de 3 minutes. Il rejoint le peloton de tête dans la montée du col des Mosses, puis attaque dans la descente, bien décidé à s’imposer sur sol suisse. Mais il est suivi par Rossello et Pasquini, équipiers de Coppi et Bartali, qui se contentent de rester dans la roue du Suisse. Après avoir reçu l’autorisation de jouer la victoire d’étape, les deux Italiens attaquent dans la côte du Tronchet, au-dessus de Grandvaux. Le valeureux Weilenmann ne peut pas les suivre et doit se contenter de la troisième place à la Pontaise. Consolation pour lui, il a été ovationné par le public accouru en nombre dans le stade. Le soir, ce fut la fête avec Line Renaud sur une scène sur la place de la Riponne.

Le lendemain, c’est par Yverdon, Neuchâtel et la Vue des Alpes que le peloton a rejoint Colmar. Fausto Coppi n’a plus été inquiété et il s’est imposé à Paris avec 10’55’’ d’avance sur Gino Bartali.

Bernard Morel